L'association « Eglise Saint-Eloi »
veut redonner vie à l'édifice
fermé au public depuis plus de vingt ans.
Après délibération et vote favorable
du Conseil municipal, la mairie de Bordeaux représentée par
Monsieur le Maire Alain Juppé, et l'association Eglise
Saint-Eloi représentée par son Président Jean-François
Pierron, ont signé ce mardi 29 janvier 2002 une convention
de mise à disposition du monument pour une durée de huit ans.
L'association, conformément à ses statuts, se voit ainsi confier par
la mairie la charge de la restauration de l'église Saint-Eloi et de son animation
culturelle, dans le respect de sa destination originelle.
Restaurer un joyau du patrimoine bordelais
Saint-Eloi, joyau du XIIème siècle, adossée à la Grosse Cloche rue Saint-James,
fut classée monument historique en 1921. Elle est fermée au culte et au public
depuis 1981, non pour « raison de force majeure », mais faute de subsides
pour l'entretenir et faute de paroissiens en nombre suffisant. Au fil des ans
et par la malfaisance des vandales, son état s'est considérablement dégradé.
Suite à l'état d'abandon du monument et aux actes répétés de déprédation,
une première association fut créée en 1983 : Sauvegarde et Restauration
de l'église Saint-Eloi. Elle a ouvré avec succès pour la réfection du
toit (en 1986), puis de la façade (en 1998), grâce à l'engagement financier
de la municipalité à hauteur de plusieurs millions de francs, en harmonie avec
l'évêché. Depuis, cette association semble n'avoir plus été entendue
pour obtenir la fin des travaux et la réouverture de l'église, sans doute faute
de moyens.
Il faut noter qu'en 1994, l'affectation de l'église avait changé, puisqu'elle
servait de dépôt aux archives municipales, avec l'accord de l'évêché, et ce
jusqu'en 2001. Récemment consultée, l'autorité de tutelle (Bureau des Cultes
de la Préfecture) a officiellement constaté que l'église Saint-Eloi est bien
« désaffectée ».
Mais ce monument patrimonial restait encore fermé et inaccessible aux
Bordelais. Aujourd'hui, le plus important reste à faire : la restauration
intérieure de ce patrimoine unique (sols, murs, voûtes, autels, statues, vitraux,
mobilier.), la réfection de ses grandes orgues dont l'état est pitoyable, et
sa réouverture au public.
Le coût total des travaux
est estimé à plus d'un million et demi d'euros (10 millions de francs). Aux
termes de la convention signée, l'association Eglise Saint-Eloi
a pour mission de réunir ces fonds et de conduire les travaux de réfection intérieure
en liaison avec la DRAC, sans frais pour la Ville.
Rouvrir un lieu de mémoire et de spiritualité
Cette église est aussi appelée église de la Jurade, et elle fut durant
quinze siècles une étape sur le chemin de Compostelle.
Rouvrir ce magnifique lieu de mémoire et de spiritualité permettra aux
Bordelais de renouer avec leur histoire, d'admirer la splendeur de son architecture
gothique et d'entendre vibrer ses orgues, par les festivals et concerts de musique
sacrée auxquels s'engage l'association par la convention qui vient d'être signée.
Les termes de cette convention laissent également prévoir la liberté
pour l'association de restituer les belles voûtes gothiques à leur destination
originelle : l'écho de la célébration de l'office grégorien, patrimoine
spirituel et artistique de l'humanité, aujourd'hui menacé.
Actuellement et depuis plus de trente ans, le seul espace à Bordeaux
où l'on puisse assister librement à cette liturgie est la chapelle Notre-Dame
du Bon Conseil, située Barrière du Médoc. Aujourd'hui, quatre messes dominicales
en cette petite chapelle ne suffisent plus au nombre croissant des sympathisants
du chant et du rite catholique grégoriens.
Il est envisagé que l'église Saint-Eloi une fois restaurée, c'est-à-dire
dans un délai de un an et demi à trois ans, puisse leur ouvrir ses portes et
retrouver le dynamisme d'une vie spirituelle, malheureusement éteinte depuis
1981. Paisiblement célébrée, la liturgie grégorienne pourrait être ainsi rendue
sereinement accessible.
Au terme des travaux, l'association qui compte parmi ses membres d'honneur
des représentants de diverses confessions chrétiennes, d'associations bordelaises
officielles, mais aussi de jurades ou confréries du vin, en délibèrera dans
un esprit de paix, de dialogue, d'ouverture et de tolérance, conformément à
la Convention européenne des Droits de l'homme et dans le respect de la liberté
des cultes.
Le Président,
Jean-François Pierron
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