Une église ouvre Projet
 
 
 

Une église ouvre, un cœur bat dans la cité

Un millier de personnes à Saint-Eloi pour la Journée du Patrimoine.
La vieille église bordelaise de la Jurade retrouve sa destination originelle : la messe grégorienne.

Une église rouvre...

Voûtes, murs, et marbres dépoussièrés, sols et boiseries lustrés, lumière chatoyante tombant des vitraux nettoyés… l'église Saint-Eloi au cœur du vieux Bordeaux, bijou d'art gothique collé à la Grosse Cloche, a retrouvé de sa splendeur ce dimanche 22 septembre 2002. Intimement mêlée à l'histoire de Bordeaux, Saint-Eloi fut depuis le XIIe siècle l'église de la Jurade et de l'Hôtel de Ville, la paroisse de Montaigne et de Montesquieu. Mille deux cent personnes sont passés au cours de cette journée pour admirer le monument enfin ouvert, après plus de deux décennies de fermeture et d'abandon.

L'église Saint-Eloi ouvrait donc ses portes à l'occasion de la journée du Patrimoine. Chants sacrés, encens et sérénité de la messe grégorienne : la cérémonie célébrée par les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X dans le rite traditionnel a rassemblé le matin une foule d'un millier de personnes que l'église ne pouvait contenir et qui débordait largement jusque devant la Grosse Cloche, rue Saint James.

L'après-midi, plus de deux cent visiteurs ont découvert l'histoire et l'architecture magnifique de l'édifice, guidés par M. Jean-Jacques Marty, Président de l'association " Sauvegarde et Restauration de l'Église Saint-Eloi " à qui l'on doit la réfection des charpentes et des toitures en 1987. Deux cent personnes ont ensuite assisté aux Vêpres grégoriennes, chantées par la communauté des prêtres et des sœurs de la Fraternité Saint-Pie X.

L'association " Église Saint-Eloi ", chargée par une convention avec la Mairie d'ouvrir l'édifice, de le mettre en valeur et de l'animer " dans le respect de sa destination originelle ", avait soigneusement préparé cette Journée du Patrimoine à Saint-Eloi.

Conformément aux directives de M. Goutal, Architecte en Chef des Monuments historiques, les bénévoles de l'association ont procédé au cours de l'été à un nettoyage complet de l'édifice, trouvé dans un état de dévastation sordide et pitoyable lors de la remise des clés, le 29 janvier 2002. Depuis longtemps, en effet, l'archevêché n'était plus intéressé par cette église. Il l'a délaissée non pour des raisons de sécurité (il n'y a jamais eu d'arrêté du Maire pour fermer l'église), mais pour des raisons principalement financières et pastorales.

Une église rouvre...

En 1993, constatant que l'archevêché ne voulait plus du monument laissée aux squatters et aux pigeons, la Mairie avait conclut un accord avec ses responsables, afin de l'utiliser comme annexe des Archives municipales, Cette annexe a fonctionné de l'hiver 1993 à juillet 2001. Le Préfet a constaté par lettre en 2001 que l'édifice, ainsi mis à disposition du service des Archives de Bordeaux, était effectivement " désaffecté " au culte. Après délibération du Conseil, le maire alors a pu confier le monument à l'association " Église Saint Eloi ".

Par ailleurs, cette association n'a pas trouver auprès de l'évêché un écho favorable pour remettre en valeur l'église, pas plus qu'auparavant l'association " Sauvegarde et restauration de l'église St Eloi ", crée en 1983 pour sauver l'édifice de la ruine.

Pour faire revivre spirituellement l'édifice, elle s'est tournée vers M. l'abbé Laguérie, Doyen de la Fraternité St-Pie X en Aquitaine, Celui-ci, au cours de la messe d'ouverture, a remercié M. Alain Juppé de s'être montré le Maire de tous en permettant que revive le quartier et l'église Saint-Eloi, qu'il a bien voulu confier, au nom des droits de l'homme et du droit des cultes, à une association proche des catholiques de sensibilité traditionnelle. A charge pour eux d'en financer la restauration intérieure.

On sait par ailleurs que Mgr Ricard, nouvel archevêque de Bordeaux depuis février 2002, s'est autorisé en avril à vérifier le bon droit du Maire et du Préfet au sujet de la réhabilitation de cette église, devenue annexe du service des Archives municipales depuis 1993, et de son attribution à l'association chargée de l'ouvrir au public. Le prélat a même engagé un recours administratif contre le Maire, ainsi que le groupe socialiste, auprès du tribunal de Bordeaux. Selon lui, l'église, qu'il dit toujours affectée au culte, ne doit pas revenir aux catholiques traditionalistes ! Le jugement qui devait avoir lieu le 2 juillet a été repoussé à l'automne. Aujourd'hui, cette attitude négative de l'archevêché ne va pas sans gêner les pouvoir publics.

La messe grégorienne

Cependant, les centaines de témoignages couchés sur le livre d'or de l'église Saint-Eloi par les visiteurs atteste l'enthousiasme des bordelais ou des gens de passages pour le projet de redonner vie au monument fermé depuis trop longtemps.

 

 
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