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Bienvenue au cours Saint-Georges

La rentrée de notre école Saint-Georges a bien eu lieu ! Deux jours auparavant, les parents ne savaient pas encore qui en serait le Directeur. M. l’abbé de Cacqueray avait annoncé M. l’abbé Quillard, assisté de M. l’abbé Kinney, le tout dans la plus grande neutralité ; l’été fut chaud, il fallait gérer la crise !
Et contre toute attente, le mardi 7 septembre, l’identité du Directeur est enfin révélée : ce sera Soeur Marie-Lucie, de l’ordre des soeurs de la FSSPX (ordre semi contemplatif) ; Elle sera aidée par deux autres religieuses qui l’accompagnent (voire trois) et pourra ainsi se consacrer à la lourde responsabilité de la gestion de l’école. L’année dernière, leur emploi du temps était trop lourd pour qu’elles puissent être plus présentes à l’école, heureusement qu’il a l’air de s’être quelque peu allégé pour les besoins de la cause. Soeur Marie-Lucie prend donc l’école en main et lance un appel à l’aide : les bénévoles du ménage et de l’assistance aux maîtresses ont l’air d’avoir déserté l’école … l’été fut chaud. En attendant, les enfants devront aider les institutrices à faire le ménage pour pouvoir travailler dans des locaux propres.
Viennent ensuite d’autres réformes étonnantes comme l’écriture à la plume, puis des réformes spirituelles : une matinée de récollection par mois pour tous les enfants à partir du CP et une heure supplémentaire de catéchisme par semaine, le tout encadré par M. l’abbé Vignaloux qui confessera les élèves et M. l’abbé Kinney qui sera leur aumônier. En bref, M. L’abbé Kinney sera sous l’autorité de Soeur Marie-Lucie. Surprenant non ?
Quant au collège Pacceli, installé dans les locaux de Notre Dame du Bon Conseil, n’ayez aucune crainte. Un vigile, accompagné d’un chien Rot Weiller, veille sur le site jour et nuit. Aucun risque pour vos enfants d’une prise d’otage meurtrière, ce veilleur a une liste de personnes interdites. Peut-être sont-ils des kamikazes fafatichistes dont on entend tant parler depuis quelques jours. Qui sait ? La liste restera cachée !
Alors, force est de constater que cette année scolaire démarre sous de bons auspices. Qui, des enfants ou des parents, est pris en otage ?

Annie Croche

 

Note touristique – Le Mexique : un pays volcanique

Mais d’abord, comment y aller ? C’est une question de chance, et tout le monde en a un peu dans la vie. Donc, se laisser porter par la chance. République fédérale comprenant une trentaine d’états, le Mexique est situé entre le Golfe du Mexique à l’est, bourré de requins et le Pacifique à l’ouest, zone perturbée à tout moment par des typhons. Au milieu, des volcans, dont El Chichon, le Couma, le Paricutin et le Popocatépetl sont toujours en activité, et le disputent en matière de records avec les plus grands de la planète.
A propos de records, du fait de la concentration quasitotale de l’industrie nationale dans la capitale,Mexico est la ville la plus polluée du monde. L’air que l’on y respire équivaut à la fumée de deux paquets de cigarettes.Alors vouloir y empêcher les gens de fumer relève de la galégeade.
Le climat semi aride du nord, plutôt malsain, tropical sur la façade maritime, particulièrement insalubre, invite à se rapprocher du centre, où les températures et l’humidité conviennent à l’occidental moyen, près du Popocatépetl, précisément.
L’industrialisation de ce charmant pays, comme partout, a fait du paysan un ouvrier. Un ouvrier sans ouvrage. Les plus malins se sont reconvertis dans la drogue. Les maffias tiennent le haut du pavé.
Mais il n’y a pas que les volcans, les serpents à sonnettes, les scorpions et la drogue : il y a la révolution. Jusqu’il y a peu, le Mexique connaissait révolution sur révolution. Séquelle d’une indépendance mal acquise sans doute, pas un général qui n’ait eu une idée originale sur la façon de concevoir le bonheur du peuple. La révolution permettait ainsi une forme de partage du pouvoir. Ces généraux avaient un courage certain. Ils savaient forcément qu’ils seraient fusillés à leur tour. Du courage, certes, mais de la jugeote point trop. Pour s’en convaincre il n’est que de regarder ce cliché du temps des Cristeros, et représentant deux Pères généraux avant le combat. On voit qu’ils connaissaient bien ceux d’en face, les généraux de la république et qu’ils étaient certains de les battre : nos abbés jouent aux échecs. Le comble est qu’ils étaient sur le point de gagner la guerre quand le Vatican leur ordonna de se soumettre. Il y a quand même des moments où il faudrait savoir désobéir. Ces Pères généraux désarmèrent leurs troupes et les offrirent aux balles des fédéraux qui les massacrèrent.
Les compagnons de Cortès qui débarquèrent à Veracruz en 1519, furent édifiés par les rites religieux des Aztèques, fondateurs de Tenochtitlan (Mexico) en 1400 de notre ère, et par les descendants des Mayas qui occupaient la presqu’île du Yucatan.Aux grandes fêtes, c’est par dizaines de milliers de victimes que se mesuraient l’intensité de la dévotion aux différents dieux. On raconte que pour la rénovation du temple de Tenochtitlan, peu avant l’arrivée de Cortès, les Aztèques sacrifièrent 80 000 êtres humains. Des prêtres coupaient la tête des femmes que l’on faisait danser, feignant d’ignorer le sort qu’elles allaient subir.
Comment fuir le Mexique : par la côte Ouest, choisir une période de typhons. Quand la mer est agitée, les requins sont au fond. En profiter pour franchir les 1500 kilomètres qui vous séparent du rocher de Clipperton, étrange possession française qu’Albion abandonna après l’avoir conquise. Il s’agit en fait d’un atoll discret, surtout à marée haute.

Jacques Desmé

 

Pourquoi je n’irai pas à Massada

Après la chute de Jérusalem, des Zélotes se retirèrent à Massada, forteresse inexpugnable, du moins ses défenseurs le croyaient-ils. Ce siège dépassa en horreur tout ce qui peut s’imaginer, puisque il ne resta que sept survivants deux femmes et trois enfants, les combattants s’étant tous suicidés. Ce dénouement frappa d’horreur les Romains, dont la brutalité était dure à émouvoir, lorsqu’ils découvrirent les restes d’un nouveau né dévoré par les assiégés. Comprenons bien la réaction de ces gens qui ont vu « l’abomination de la désolation » : les aigles impériales profanant le Saint des Saints. Les chrétiens de l’époque, attentifs à l’Evangile, avaient suivi les consignes de Jésus-Christ. Ils s’étaient retirés dans les montagnes, non pas pour y mener un combat d’arrière garde, mais comme le levain dans la pâte, pour se répandre et transformer profondément l’Empire.
Devant le mystère de l’éclipse romaine, certains sont tentés de se replier dans leur sanctuaire en attendant la Parousie, prêts à soutenir le siège des légions païennes. L’histoire le démontre ce repli identitaire est un suicide. La vraie réponse est la présence au coeur même du paganisme. La tradition ne survivra pas dans des chapelles prisons, gardées par des vigiles et des chiens policiers, mais en s’implantant dans la cité, rayonnante d’une véritable charité, faisant profiter l’Eglise de son charisme et au-delà à tous ceux qui sont appelés à la rejoindre.
Et pour réussir cette entreprise il faut des prêtres en nombre. Sans prêtre pas de sacrements, sans prêtre pas de mariage, sans prêtre pas de foyer, sans prêtre pas de vie de la grâce. « Supprimer les prêtres et dans trente ans les gens adoreront les bêtes » disait le Saint Curé d’Ars. Il ne sert à rien de gémir sur les malheurs des temps, sur l’immoralité qui règne, si l’on n’y apporte pas le seul remède qui vaille : la présence des prêtres. « J’ai soif » dit Notre Seigneur du haut de la croix. Il a soif d’âmes. Comment peut-on rester sourd à son appel ?

Bertrand Le Noac’h

 

 
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