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Ephéméride de l’été 2004
« NE POUVANT FORTIFIER LA JUSTICE, ON A JUSTIFIÉ LA FORCE » (PASCAL).
En deux mois et même en un seul (août), d’heureux jubilaire qu’il est l’abbé Laguérie est devenu une peste à chasser par tous les moyens, même
légaux. Cet été brûlant fait froid dans le dos !
Par lettre du 28 juin 2004, Monseigneur
Bernard Fellay félicite chaleureusement M.
L’abbé Laguérie pour son Jubilé Sacerdotal :
« Comment ne pas saluer comme une grande
grâce, cette fidélité à Notre Seigneur Souverain
Prêtre pendant un quart de siècle. Et quel siècle
! (…). Je tiens à m’unir à cet acte de notre
Mère l’Eglise (le Jubilé : NDLR) tout en vous
redisant ma joie de pouvoir partager la vôtre
en ce bel anniversaire ».
Par lettre du 3 septembre (Fête de Saint Pie X),
le même Monseigneur Fellay met en demeure par
voie d’huissier le même abbé Laguérie d’avoir
à quitter « la ville de Bordeaux » avant samedi
4 septembre à midi « faute de quoi, vous
serez considéré comme ne faisant plus partie
de la Fraternité ». Bigre !
Que s’est-il donc passé ?
Début juillet, alors qu’il se trouve en
Limousin pour trois jours, l’abbé Laguérie
reçoit une demi-douzaine de messages de
M. l’abbé Alain Lorans : « nos supérieurs,
l’abbé de Cacqueray en particulier,
commencent à comprendre et à admettre de
très sérieuses difficultés au séminaire d’Ecône.
Lors de la réunion des directeurs des écoles, la
totalité des prêtres, une quinzaine ont (tous)
exprimé leur inquiétude. C’est le moment,
poursuit l’abbé Lorans, on connaît votre
position (sermon du 4 juillet à Paris et
Mascaret de juillet) : faites nous donc une note
à l’intention des supérieurs et j’agirai de mon
côté ».
L’abbé Laguérie n’y croit pas beaucoup,
surtout côté maison générale. En effet en
date du 14 mai 2003, il écrivait une lettre
de 6 pages à Monseigneur Fellay sur la
situation du séminaire d’Ecône, disant très
respectueusement la dégradation
quantitative et qualitative de la formation
et l’urgence d’y porter remède. La réponse
de Monseigneur Fellay est très aimable (30
mai 2003) mais ne concède rien ; l’analyse
de l’abbé Laguérie « ne concorde pas avec la
réalité ». « Je trouve que vous allez trop loin
dans votre jugement ». Au cours de l’année
l’abbé Laguérie aura un long entretien avec
Mgr Fellay sur le même sujet, avec les
mêmes résultats. D’autres confrères
tenteront la même démarche sans plus de
succès.
C’est dire que l’abbé Laguérie n’a pas
vraiment envie de se mêler de l’affaire au
début juillet. Mais les instances de l’abbé
Lorans, les lueurs d’espoir du côté de
Suresnes, l’annonce brutale de trois
nouveaux renvois le 30 juin (dont deux 5ème
année ! ) et la mise à l’écart de deux autres,
les coups de téléphone et les lettres de
nombreux confrères et séminaristes
(impossible de les nommer … ! ), la tristesse
des ordinations 2004 avec trois diacres dont
un seul français sur les 15 entrées en 1999
etc.
C’est le 21 juillet qu’est posté à 35
confrères et à nos quatre évêques, le fameux
document statistique sur les séminaires. Il
ne fait de doute à personne que l’abbé
Laguérie n’en n’est pas l’auteur, mais c’est
lui qui le signe en y joignant son bristol. Ce
document a ses limites, des inexactitudes
aussi : là n’est pas la question. S’il ne voulait
rien dire alors pourquoi tant d’alarme ? Il
prouve, il démontre et il crie vers les
supérieurs qu’à ce train, il n’y aura bientôt
plus -ou prou- d’ordination à Ecône,
comme c’est le cas en Allemagne déjà. Les
formes de ce document appellent et
admettent cependant quelques remarques.
Il a été dit, et même écrit (on n’ose dire
par qui) que l’abbé Laguérie n’avait pas lu
ce document avant de le signer ! Qui a pu
inventer une chose aussi ridiculement
grotesque ?
C’est le premier mensonge de
l’été,
mais ce ne sera pas le dernier
malheureusement.
Nombre de confrères du district de
France, quelques autres et non des
moindres, ont soutenu l’abbé Laguérie,
qu’ils aient eu ou non le document en
main, sur cette situation d’Ecône, même si
la suite des évènements les oblige à la plus
grande discrétion : on les comprend.
Les bonnes intentions de l’abbé Laguérie
ont été attestées par tous, dès le début. Par
l’abbé de Cacqueray, par Mgr Fellay luimême,
par nombre de confrères. Début
août, tout le monde est d’accord là-dessus ;
ce n’est que la suite des évènements qui fera
inventer par certains des perspectives
douteuses comme l’horizon 2006 ou
l’affaire Saint-Eloi. Ces “pieuses”
divagations ecclésiastiques n’affectent que
les cerveaux qui les ont charitablement
secrétées.
Quant à l’accusation majeure, le
procédé, c’est à dire l’envoi à une trentaine
de confrères anciens d’un document
confidentiel qui aurait dû n’être adressé qu’à
des supérieurs, nous y venons. A ceux qui
ne voient aucune crise à Ecône et donc dans
la Fraternité en général, il est évidemment
injustifiable. Et disons tout net que nous les
comprenons. On n’alerte pas les anciens (et
non pas tous les prêtres, ou même tous les
fidèles :
deuxième mensonge de l’été
on
va le voir) pour une peccadille. Mais pour
ceux qui voient le bien commun de la
Fraternité engagé dans cette polémique, le
fameux procédé est possible, souhaitable,
nécessaire. Et voilà la seule vraie querelle de
l’été et qu’on aurait pu régler en huit jours
comme l’aurait fait, par exemple un
Monseigneur Lefebvre ou un abbé
Aulagnier. Nous renvoyons les lecteurs de
Mascaret à l’Evangile de Saint Matthieu
18.15-16 sur la correction fraternelle. Il ne
s’agit pas là de péché, mais bien d’une
graduation dans le règlement d’une grave
difficulté :
a) prend le seul à seul : c’était déjà fait
b) prend avec toi des témoins : c’est le
fameux document
c) dis le à l’église. Cette initiative n’est
pas de l’abbé Laguérie mais bien de
Monsieur l’abbé de Cacqueray par son
annonce publique de la mutation de l’abbé
Laguérie en l’église Saint-Eloi le 22 août
2004. Encore que sur ce point, il n’ait point
dit la vérité, il s’agissait d’une sanction
destitution. Avant son intervention, l’affaire
est encore du domaine privé, et donc
rattrapable.
Pour ceux qui ne comprenaient pas
l’enjeu du bien commun, l’abbé Laguérie a
proposé trois fois des excuses publiques à
Mgr Fellay sur le procédé du document,
dans le but de préserver la juste autorité de
Monseigneur Fellay. Une première fois à
Sierre le 13 août 2004, par oral. Une
Il démontre et il crie vers les supérieurs
qu’à ce train, il n’y aura bientôt plus -ou
prou- d’ordination à Ecône, comme c’est
le cas en Allemagne déjà.
4
deuxième fois par écrit dans la finale de sa
lettre du 26 août, une troisième fois dans la
tentative de conciliation, par la médiation
de l’abbé de Cacqueray le 3 septembre au
matin. Aucune de ces trois propositions n’a
été prise en considération par Mgr Fellay.
Au contraire, ces propositions de l’abbé
Laguérie ont servi de prétexte contre lui.
« Si l’abbé Laguérie accepte de présenter des
excuses, c’est qu’il reconnaît évidemment avoir
tort ». Ne pas simplement répondre aux
propositions d’excuses de l’abbé Laguérie,
les dénaturer totalement (transfert de la
forme au fond) et en tirer simultanément
argument de ses torts… ce procédé là est
simplement malhonnête. Dès la fin juillet
la tête de l’abbé Laguérie est programmée
et plus rien ne pourra arrêter cette
surenchère qui, du jubilaire de juillet fait un
proscrit de septembre.
Car il faut enfin le dire et l’écrire : ce
n’est pas le document sur les séminaires qui
fait scandale c’est la sanction-mutation de
l’abbé Laguérie. C’est elle et elle seule qui
met le feu aux poudres dès le début d’août.
Le déplacement conscient et orchestré de la
crise d’Ecône à Bordeaux relève d’une
diabolisation. En juillet, la crise est à Ecône
et il n’y en a point à Bordeaux. En
septembre, il y en une grave à Bordeaux et
il n’y en a plus à Ecône !
Voici les faits :
28 juillet 2004 :
fax de M. l’abbé
Sélégny à l’abbé Laguérie : « Mgr Fellay me
charge de vous transmettre son désir de vous
voir ici à Menzingen vendredi prochain 30
juillet ». Connu de l’abbé Laguérie le soir,
il lui reste 24 heures pour faire les 1100
kilomètres.
Il téléphone le matin du 29 à l’Abbé
Sélégny et lui fait part de son impossibilité :
seul au prieuré pour les messes, confessions
aux Carmélites le 30. Le secrétaire semble
comprendre et proposer d’autres dates.
L’abbé Laguérie ne refuse aucunement de
rencontrer Mgr Fellay, comme cela sera
répandu partout, troisième mensonge de l’été.
Il cherche une solution plus facile pour son
ministère et c’est tout. On sait que ces
convocations à 2000 kilomètres aller-retour
l’avant veille du rendez-vous font partie du
“management” à l’américaine. Mais tout de
même ! Différer la date d’un rendez-vous
n’est pas refuser cette rencontre. La suite va
le prouver.
Car la lettre recommandée avec accusé
de réception et porteur spécial, reçue de
Monseigneur Fellay le 2 août par l’abbé
Laguérie, est datée du 29 juillet, le jour
même de son coup de fil à l’abbé Sélégny.
Ainsi deux choses sont bien établies,
quoiqu’on en ait dit partout :
- jamais l’abbé Laguérie n’a refusé de
rencontrer Mgr Fellay.
- la lettre sanction-mutation a bien été
écrite, envoyée et reçue avant qu’ils ne se
soient vus, sans aucune explication, ni
possibilité d’arrangement.
L’abbé Laguérie est donc envoyé sous 13
jours au Mexique sans affectation ni lieu de
résidence, quatrième mensonge de l’été.
Ce n’est que le 13 à Sierre, que l’abbé
Laguérie apprendra qu’il est devenu prieur
au Mexique, raison évidemment ajoutée en
cours de route pour déguiser une sanction
pénale en mutation administrative. En fait,
la décision d’extrader l’abbé Laguérie avait
déjà été prise avant le fax Sélégny en conseil
général : il n’était plus que de la signifier à
l’intéressé, c’est évident.
D’ailleurs à supposer que l’abbé
Laguérie ait tout lâché le 29 juillet pour
rencontrer Mgr Fellay, il aurait entendu très
exactement ce que dit la lettre puisqu’en
voici les premiers mots : « Vu que vos
préoccupations vous empêchent de venir
facilement à Menzingen, je vous transmets par
écrit ce que je voulais vous communiquer de
vive voix … ». N’allez donc pas chercher de
monition, d’avertissements, de demande
d’explication, de renseignements ou autres
précautions élémentaires au prononcé d’une
si terrible sanction : il n’y en a pas eu, il ne
pouvait y en avoir. C’est le grand malheur
de cet été 2004.
Enfin l’abbé Laguérie a signalé la
présence de l’abbé de Jorna, directeur
d’Ecône, à ce conseil général. Mgr Fellay, qui
l’a reconnu devant lui à Sierre le 13 août : «
qui vous a dit cela ! » affirme qu’il n’a pas pris
part à la décision. Soit … mais il était là et
l’abbé Laguérie n’y était pas. Ils n’en font
partie ni l’un ni l’autre mais pourquoi l’un
assiste à la condamnation de l’autre dans un
litige qui porte sur le séminaire ?
Pendant tout le mois d’août, on va
essayer de faire croire aux fidèles et aux
prêtres qu’il ne s’agit que d’une simple
mutation administrative à laquelle l’abbé
Laguérie doit naturellement obéir, comme
d’ailleurs il l’a toujours fait, cinquième
mensonge de l’été. La lettre de Mgr Fellay
(29 juillet – 2 août) est assez claire à ce
sujet : « une telle action (le dossier NDLR)
réclame non seulement la réprobation mais
aussi la réparation et une sanction
exemplaire». À tous ceux qui ont cru devoir
dire à l’abbé Laguérie qu’il fallait obéir, même
si la décision était injuste, il répond qu’on
obéit à une mutation et non point à une
sanction injuste. La forme ici est la sanction,
la mutation n’est que la matière … Merci à
ces conseillers de vouloir expliquer à un vieux
disciple de Mgr Lefebvre qu’il faut toujours
obéir et que le chef a toujours raison ! Et il
n’y a pas que la Foi qui permet de “désobéir”
mais le bien commun aussi. Fonder n’importe
quel prieuré sans l’autorisation de l’ordinaire
du lieu, ne relève pas de la Foi …et l’on sait
comment en usait notre fondateur.
On sait que l’abbé Laguérie a formé
deux appels (cf note juridique de son
confrère). L’un auprès de Mgr Fellay luimême,
l’autre auprès d’un avocat de la Rote
Romaine, charge à lui de désigner le
tribunal compétent. Le premier a été refusé
systématiquement par Mgr Fellay. Le
second est en cours. Mais l’un et l’autre sont
suspensifs et le brigandage du Prieuré Sainte
Marie, de la chapelle Notre Dame du Bon
Conseil et de Sainte Colombe sont des voies
de faits proprement inadmissibles,
orchestrées par le supérieur du district de
France.
Auparavant, devant la rumeur qui
persiste selon laquelle l’abbé Laguérie ne
veut pas rencontrer Mgr Fellay, l’abbé
envoie lui-même un fax le 11 août à
Monseigneur pour lui demander un rendezvous.
Fax le 12 de l’abbé Sélégny,
convoquant l’abbé Laguérie pour le 13
phéméride de l’été 2004 E
Le déplacement conscient et orchestré de
la crise d’Ecône à Bordeaux relève d’une
diabolisation. En juillet, la crise est à
Ecône et il n’y en a point à Bordeaux.
En septembre, il y en une grave à
Bordeaux et il n’y en a plus à Ecône !
Pendant tout le mois d’août, on va
essayer de faire croire aux fidèles et aux
prêtres qu’il ne s’agit que d’une simple
mutation administrative à laquelle l’abbé
Laguérie doit naturellement obéir
N° 265 septembre-octobre 2004 5
(avant-veille du 15, comme on sait ) à
Sierre. 1980 kilomètres aller-retour :
toujours le fameux “management”. Et voilà
l’abbé Laguérie parti avec l’espoir (naïf )
d’un arrangement. L’entrevue durera 3/4
d’heure. L’abbé Laguérie y est traité de
« monstre » ( la lettre du 2 août l’avait déjà
comparé à Judas « Amice quid Fecisti ? ».
Après dissertation sur les faits, l’abbé
Laguérie propose des excuses (sur le
procédé) : on ne lui répond même pas. Il
demande le réexamen des dossiers des
séminaristes renvoyés : c’est non. Il
demande de revoir la sanction qui va créer
l’incendie à Bordeaux et dans toute la
France, c’est non. Seule concession : pas
forcément le Mexique, mais en dehors de…
l’Europe ! et 2000 kilomètres pour ça !
La relation de DICI sur le rendez-vous
de Sierre trompe simplement les lecteurs.
Ici se place un épisode étrange : la
réunion de conciliation au Pointet autour
des anciens dont le principe est accepté par
l’abbé Laguérie et par Monseigneur Fellay.
L’abbé Laguérie a donné des noms
qu’accepte Mgr Fellay : l’abbé Cottard,
l’abbé Ramon-Angles, l’abbé Faure … vat-
elle se faire ? Non, l’abbé de Cacqueray
exige que l’abbé Laguérie retire au préalable
tout appel ou recours (donc renonce à tous
ses droits). Là aussi, DICI trompe ses
lecteurs : jamais l’abbé Laguérie n’a
demandé que ce conseil d’anciens remplace
le tribunal d’instance qu’il réclame. Cest
pourtant sur ce motif que Mgr Fellay refuse
cette conciliation purement amiable. Il faut
que l’abbé Laguérie ait d’abord renoncé à
tous ses droits. Cela s’appelle en français du
chantage.
La semaine du 15 au 22 août se passe en
échanges épistolaires juridiques (cf dossier).
Rien n’est encore sur la place publique.
Mais c’est le 22 août que M. l’abbé de
Cacqueray prend l’initiative de rendre
publiques les choses. Devant l’église Saint-
Eloi pleine à craquer, il lit le communiqué
de Mgr Fellay annonçant la mutation
(toujours la même erreur volontaire) de
l’abbé Laguérie. En grande dignité, sans
trouble ni concertation, un tiers de
l’assistance se retire pour marquer sa
désapprobation. A la fin de la messe M.
L’abbé Héry lit un communiqué de
l’Association Eglise Saint-Eloi, qui stipule
seulement que l’abbé Laguérie ayant fait
appel, la décision du supérieur général est
suspendue. Rien là de révolutionnaire ;
honneur à l’abbé Héry qui défend son
confrère persécuté depuis un mois. L’abbé
de Cacqueray sort de l’Eglise et après
relecture du tract, il crie à la mutinerie, sans
aucune raison. Il installe un régime de
terreur au Prieuré. Les soeurs (mais à qui
obéissent-elles ?) refusent de faire la cuisine
aux prêtres, sauf à l’abbé de Cacqueray, et
de laver leur linge. Munie d’un portable,
Soeur Marie-Lucie jusque là si discrète mais
plus efficace encore, entreprend une
campagne de dénigration universelle des
trois abbés du Prieuré. Plus grave, elle obéit
à un ordre absolument fou : ne plus recevoir
la communion ni assister à la messe des
trois mutins (il faut être excommunié
« vitandus » pour subir de telles représailles
… qu’à cela ne tienne, depuis le début de
l’été on ne fait pas dans la dentelle avec le
droit canon).
La semaine du 23 au 29 août sera
musclée. Les Duverger, sur ordre du district
font casser toutes les serrures de Sainte-
Colombe et garder l’église par des vigiles,
doublés d’un chien. Monsieur de Lapasse,
sans même consulter le conseil
d’administration de l’association Saint Pie X
Guyenne et Gascogne, fait de même à
Notre Dame du Bon conseil, où le vigile est
encore là à ce jour avec un molosse dans le
coffre de sa voiture, capable, s’il s’échappait,
d’occire tous les enfants du collège Pacelli.
La semaine du 30 août au 4 septembre
sera terrible et terrifiante. Au prieuré, l’abbé
Radier envoyé par Suresne sur place appelle
la police pour déloger les jeunes qui gardent
la propriété (mercredi 1er septembre). Ce
même jour à midi l’abbé Pierre Duverger
arrive (contre tout droit à cause de l’appel
suspensif ) flanqué d’un huissier de justice
avec papier à entête de Maître Annie-
Claude Roissard (encore et toujours elle qui
se prend donc à présent pour le Procureur
de la République !).
Le pire n’est pas encore atteint. Toute la
journée l’abbé de Cacqueray réclame à
l’abbé Laguérie le retrait des jeunes. Vers
17h00 il lui en intime l’ordre. L’abbé
Laguérie exige la parole du supérieur pour
que son Prieuré ne soit pas forcé pour la
troisième fois par l’abbé Duverger ou autres.
Sur la parole donnée, l’abbé Laguérie, plus
naïf que son confrère, donne l’ordre à l’abbé
Héry de retirer les jeunes. Flairant le danger
ce dernier les maintient. Il ne se passe pas
1/2 heure quand arrive un commando de
cinq vigiles privés, toujours mandatés par
Maître Roissard et qui prétend changer la
serrure de la porte de chambre de l’abbé
Radier (mensonge …). En fait sur les cinq
hommes, il y a deux serruriers, tous de la
société TOP SECURITE. C’était le coup
de force final pour nous expulser du
prieuré. Le respect dû au sacerdoce nous
interdit tout autre commentaire
Et c’est dans ces conditions de
terrorisme que vont s’engager les premières
et les dernières négociations (durée totale :
16 heures nuit comprise, de 17h00 à 9h00).
Le jeudi soir (2 septembre) l’abbé de
Cacqueray fatigué et contristé - on le
comprend - supplie l’abbé Laguérie de
trouver une ou des solutions et de les
soumettre directement à Mgr Fellay. L’abbé
Laguérie travaille jusqu’à minuit avec ses
confrères (les deux Hery et Guelfucci) sur
deux propositions. Fallait-il appeler Mgr
Fellay à cette heure ? On le lui reprochera.
C’est cette même nuit que l’abbé Pierre
Duverger, rentrera par effraction d’une
clôture de la propriété et par une fenêtre du
prieuré. Il sera éconduit du Prieuré l’aprèsmidi
par le commissaire divisionnaire de
Bordeaux-centre. Néanmoins à 8h30,
l’abbé Laguérie appelle l’abbé de Cacqueray.
Et lui communique les deux propositions
rédigées pendant la nuit. L’abbé de
Cacqueray, sans aucun espoir de son propre
aveu, transmet à Monseigneur Fellay. Le
coup de téléphone en réponse sonne déjà la
fin de cette négociation à peine
commencée.. Monsieur l’abbé de
Cacqueray annonce vers 10 h le fax décisif
qui va sortir l’abbé Laguérie de la Fraternité.
Le fax arrive (3 septembre, Saint Pie X).
Si L’abbé Laguérie est encore à Bordeaux
SIC même chez des amis, même au
restaurant, même au parc à dire son
bréviaire, à midi il sera « considéré comme ne
faisant plus partie de la Fraternité ». A l’heure
qu’il est l’abbé Laguérie n’a toujours pas été
renvoyé de la Fraternité. En tout état de
cause cette ultime sanction ne serait pas
plus valide que les autres, à cause de
l’invalidité des précédentes. L’abbé Laguérie
est et reste membre de la Fraternité qu’il sert
depuis 25 ans. Même si ce terrible été a fait
savoir à tous qu’elle est momentanément
une zone de non droit et d’arbitraire. Il faut
savoir aimer l’oeuvre de Monseigneur
Lefebvre comme on aime l’Eglise : en dépit
des limites de ses chefs.
Abbé Philippe Laguérie
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