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Les antécédents : le décor est planté…
22 septembre 2002 : l’abbé Laguérie invite l’abbé de Cacqueray et lui
laisse l’honneur d’inaugurer Saint-Eloi. Dans son sermon, sans remerciements
ni chaleur, l’abbé de Cacqueray lance en chaire « un jour vous aurez de bons
prêtres ». Merci !
16 novembre 2003 : l’abbé de Cacqueray s’invite à célébrer à Sainte
Colombe. C’est la première fois qu’il célèbre dans cette splendide église
rutilante de Saintes. Pour l’abbé Laguérie c’est 2 ans de tractations juridiques,
3 millions de francs donnés par les fidèles de Paris, de Bordeaux et de
Saintonge et 2 ans et demi de travaux harassants de ses propres mains bien
souvent. Dans son sermon – après avoir tout de même admiré les voûtes,
Monsieur l’abbé de Cacqueray parle 10 minutes de M. l’abbé Bertrand,
vaillant curé de Saint Martin auquel on devrait Sainte Colombe. Il ne nomme
pas même l’abbé Laguérie, présent dans les stalles et conclut, devant l’église
pleine qu’il faudra maintenant s’occuper de la remplir. Re-merci !
10 décembre 2003 : Dans une lettre à l’abbé Laguérie, l’abbé Radier
économe du district écrit : « La restauration de l’église Saint-Eloi appartient à
l’Association Saint Eloi, qui est étrangère au district … ».
Même langage de M. L’abbé de Cacqueray dans sa lettre du 11 mai : la
FSSPX (…) n’est partie ni à la convention contestée, ni à la procédure
administrative.
Difficile à présent de contester l’indépendance de l’Eglise Saint-Eloi. Mais
à qui la faute ?
Si l’abbé Laguérie est depuis le 15 septembre 2003 président de
l’association Eglise Saint-Eloi, ce n’est nullement une défiance vis-à-vis du
district : c’est pour que ne se reproduise pas à Saint-Eloi l’imbroglio juridique
inextricable qui préside aux destinées de Notre Dame du bon Conseil. Depuis
4 ans, l’abbé Laguérie réclame en vain au district qu’elle devienne la chapelle
de la Fraternité Saint Pie X qu’il représente à Bordeaux.
Dans une lettre du 23 mai 2004 adressée à l’abbé Laguérie, et parce qu’il
se plaint faussement de ne pas être tenu au courant du dossier Saint-Eloi
(l’intégralité des pièces lui furent remise à l’automne 2002, lors de sa prise en
mains du district) l’abbé de Cacqueray se laisse aller à écrire : « Nous sommes
rendus au point où vous risquez de ma part et de la part de M. Le Supérieur
Général, un désaveu explicite public, voire des décisions plus pénibles encore…».
Lundi 24 mai 2004 (lendemain du précédent )
Rencontre ultra-secrète de M. L’abbé de Cacqueray avec Mgr Ricard,
archevêque de Bordeaux.
L’abbé Laguérie ne l’apprendra que par une gamine ayant vu l’abbé sur le
quai de la gare Saint-Jean puis par la rencontre – à titre personnel – de l’abbé
Aulagnier avec le même Mgr Ricard en date du jeudi 27 mai. Au cours de cet
entretien, dont nous ne contestons que l’aspect occulte vis à vis du principal
intéressé du dossier Saint-Eloi, l’abbé Laguérie, il est établi un protocole
d’arrangement sur Saint-Eloi. La dernière des quatre conditions de ce futur
arrangement : faire taire l’abbé Laguérie (et l’abbé Héry). Sic ! On croit rêver
mais on ne rêve pas. C’est l’abbé de Cacqueray qui lira ce document à l’abbé
Laguérie dans son bureau de Suresnes. Mgr Tissier de Mallerais, informé de
la chose répond par fax du 29 mai 2004 à Mr L’abbé Laguérie : « Passer par
dessus la tête d’un capitaine n’est jamais bon de la part du général. Il est des
principes infrangibles de gouvernement dont nul supérieur ne doit se dispenser, en
aucun cas. Je comprends votre mécontentement … ».
Dimanche 6 juin 2004 : le désaveu public annoncé dans la lettre du 23
mai est infligé à l’abbé Laguérie. Mgr Bernard Fellay invité par L’abbé Laguérie
à Saint-Eloi dès le mois d’octobre, refuse, sur pression de l’abbé de Cacqueray,
de paraître à Saint-Eloi. Les confirmations auront lieu dans la cour du Prieuré
Sainte-Marie par 30° C à l’ombre. La raison invoquée officiellement est de
ménager le plan de négociations de l’abbé de Cacqueray avec Mgr Ricard. Il
n ’échappe à personne que Mgr Ricard n’a jamais demandé une telle chose
(ne figurant pas aux quatre conditions …). Mais personne ne s’y est trompé
à Bordeaux : l’abbé Laguérie a dû subir ce « désaveu explicite et public »
(lettre du 23 mai).
La phrase de Mgr Fellay dans son fax du 28 mai prend dès lors un tour
glacial et cynique : « Parfois, pour sauter plus loin, il vaut mieux reculer un peu ».
C’est vrai qu’il parle ici des confirmations (reculer) et des négociations (sauter
plus loin). Mais avouez qu’avant même qu’il soit seulement question du
séminaire et des vocations, le Mexique se profile déjà à l’horizon de l’été 2004.
Qui veut noyer son chat ….
Abbé Philippe Laguérie
LETTRE OUVERTE À MONSIEUR L'ABBÉ HÉRY
Cher Monsieur l'abbé,
J'ai un peu honte auprès de vous d'occuper la vedette dans les médias. Mon "exclusion" de la Fraternité défraie la chronique. La vôtre,
autant, voire plus scandaleuse que la mienne, passerait comme inaperçue?
Votre crime ? Avoir soutenu l'abbé Laguérie en l'église Saint-Eloi - que nous avons faite ensemble et seuls, n'en déplaise aux jaloux - au
jour où le supérieur de district venait annoncer ma sanction camouflée en mutation. C'est dans Le Figaro que vous avez appris la nouvelle
qui a fait basculer votre vie. Je tiens à vous remercier personnellement d'avoir eu le courage de monter défendre votre confrère, chose si
rare dans le milieu ecclésiastique qu'elle ne doive être signalée comme un honneur et une gloire.
Vos 16 ans de sacerdoce, votre belle intelligence au service de la tradition et de la Fraternité, votre respect quasi sacral de l'autorité (le
savent-ils là-haut ? ), tout cela trouve une récompense singulière : vous êtes renvoyé par le supérieur de district (?!?) par lettre d'huissier
et pour avoir simplement signifié le droit de l'abbé Laguérie. Du jamais vu dans la Fraternité Saint Pie X.
Cher Monsieur l'abbé, ce renvoi est canoniquement nul et juridiquement scandaleux. Aussi, je vous félicite de votre appartenance fière et
missionnaire à l'oeuvre de Monseigneur Lefebvre qui vous a ordonné, et vous demande comme votre ancien et votre supérieur de ne pas
vous révolter. Conservez dans votre âme, dans votre intelligence, dans votre coeur, cette charité à laquelle nous avons tous cru et ce
respect qui est dû à l'autorité, même si Satan s’acharne à nous rendre le plus pénible ce qui devrait être toujours notre réconfort de prêtre
de Jésus-Christ.
Abbé Philippe Laguérie
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